Le croissant doré du matin n’a jamais été aussi suspect. Si le contenu de nos assiettes se lit désormais comme un roman à rebondissements, c’est parce que l’industrie agroalimentaire s’est invitée en haut de la pile de nos préoccupations. Face aux aliments ultra-transformés, il ne suffit plus d’avaler sans réfléchir : il faut apprendre à décoder, trier, choisir. Voici comment éviter que les produits transformés ne dictent vos repas.
Lire attentivement les étiquettes
Avant de glisser quoi que ce soit dans le panier, prenez ce réflexe : retournez l’emballage. Les étiquettes ne sont pas là pour faire joli, elles sont la carte d’identité du produit. On y trouve la liste des ingrédients, les apports en sucres, sel, matières grasses, mais aussi tout un cortège d’additifs parfois déguisés sous des termes techniques. Un même sucre peut se cacher sous une dizaine de noms différents, histoire de brouiller les pistes. Lisez tout, surtout ce qui ressemble à une formule chimique ou à un nom imprononçable, c’est rarement bon signe.
Faire attention aux portions
Un paquet ne veut pas toujours dire une portion. Beaucoup de produits transformés multiplient les doses sous un seul emballage : céréales, biscuits, chips… Résultat, on avale sans s’en rendre compte deux ou trois fois la quantité prévue, et avec elle, le double ou triple de sucre, de gras et de calories. Pour éviter ce piège, il vaut mieux répartir soi-même les aliments en portions individuelles dès le retour des courses ou utiliser des récipients pour mesurer ce qui finit dans l’assiette. Cette habitude simple change radicalement la donne sur le long terme.
Opter pour des aliments entiers
On ne le répétera jamais assez : rien ne remplace la simplicité d’un fruit croquant, de légumes frais ou d’une poignée de noix non salées. Les aliments entiers sont naturellement remplis de fibres, de vitamines et de minéraux dont le corps a réellement besoin. En misant sur des produits bruts, on compose des repas plus nutritifs et rassasiants, loin des listes interminables d’additifs. Quand on voit la différence entre une orange entière et un jus industriel, la réponse saute aux yeux. Pour garder le cap, il suffit parfois de troquer les plats préparés et les céréales sucrées contre des ingrédients de base, à transformer soi-même.
- Fruits et légumes frais, de saison si possible
- Viandes maigres ou œufs, non panés
- Graines, légumineuses et céréales complètes, non transformées
- Noix et oléagineux nature
Voici quelques exemples d’aliments à privilégier pour composer des repas plus sains :
Préparer ses propres plats
Cuisiner soi-même, c’est reprendre la main sur ce que l’on mange. Préparer ses repas, même en avance, permet de savoir précisément ce qui compose chaque assiette. Optez pour des recettes simples, multipliez les portions pour en avoir sous la main toute la semaine. Congélation ou conservation au frais, tout est permis à condition de laisser refroidir les plats avant de les ranger au réfrigérateur : le goût et la sécurité alimentaire vous y gagnent à tous les coups. Cette organisation demande un peu d’anticipation, mais le jeu en vaut la chandelle.
Rechercher des alternatives plus saines
Si bannir totalement les produits transformés s’avère compliqué, il reste possible de limiter leur impact. Préférez, par exemple, des chips de légumes sans additifs à la place des versions classiques, ou choisissez du yaourt nature plutôt qu’un yaourt sucré aromatisé. Côté boissons, mieux vaut miser sur l’eau, le thé non sucré ou des infusions plutôt que les sodas et les jus industriels, véritables bombes à sucre. Pour ceux qui achètent en vrac, le fait de diviser soi-même les aliments en petites portions permet de contrôler la dose et d’éviter les excès cachés dans les emballages individuels.
Au bout du compte, chaque choix posé face au rayon influence ce que nous devenons. Prendre le temps d’analyser, de cuisiner, de sélectionner, c’est tracer une nouvelle trajectoire, loin des automatismes imposés par l’industrie. À chacun de reprendre le contrôle de son assiette, bouchée après bouchée.
